LE BALLET DIPLOMATIQUE DE LA FRANCE EN ISRAËL.

  • Mordekhaï BENSOUSSAN

Après J.M. Ayrault, ministre des Affaires étrangères, le Premier Ministre lui-même a du faire le voyage de Jérusalem. En pleine crise sociale en France, Manuel Valls n’a pas voulu reporter son voyage en Israël, tant il lui tenait à cœur. Le voyage de son ministre n’avait pas été franchement un succès, en raison de l’accueil glacial qu’il reçut de la part du Premier Ministre Netanyahou, juste après le vote honteux de la France à l’UNESCO. Il fallait donc qu’il y aille, quitte à affronter les visages sombres des dirigeants israéliens, fort de son soutien à Israël (enfin c’est ce que l’on dit …) et de sa réputation franchement philosémite. La France a un sommet en préparation finale, à Paris, sensé remettre le dialogue israélo-palestinien sur les rails. Les américains ont depuis longtemps déclaré forfaits, et le silence s’est donc installé, occupé par tous les grands problèmes du monde au centre desquels se trouve, bien sûr, la lutte antiterroriste. Alors la France décida de relancer le dialogue et prit l’initiative de ce sommet parisien, début juin.

Cette initiative a toutefois une originalité. Israël et les palestiniens ne sont pas conviés au sommet du 3 juin, les organisateurs ayant préféré établir une attitude commune entre l’Europe, les E.U. et les pays arabes. Si tous les participants se mettent d’accord sur une position commune, alors on invitera dans un second temps, les parties opposées restantes, qui sont les partenaires essentiels, pour un second tour de table. Pas la peine de convier Israël et les palestiniens pour torpiller cette réunion. C’est bien pensé. Malheureusement, il n’y a rien de nouveau sous le soleil, disait le roi Salomon. Israël sera gentiment invité à faire des concessions territoriales et à envisager la constitution d’un état palestinien, avec Jérusalem Est pour capitale ; aujourd’hui, on ne se gêne même plus de l’affirmer haut et fort… Le Premier Ministre israélien sachant déjà cela, exprime ses grandes réticences pour ce sommet, qui n’aboutira probablement à rien, comme d’habitude.

Mais ce que l’on dit moins, c’est que la délégation menée par Manuel Valls en Israël, comptait de nombreux hommes d’affaires, outre les responsables juifs français. C’est que les relations économiques franco-israéliennes se portent on ne peut mieux. N’oublions pas qu’une semaine avant l’arrivée de Valls, le Président du Medef, Pierre Gattaz, était venu en Israël pour quelques jours, accompagné lui aussi, d’une trentaine de chefs d’entreprises françaises. Israël attire les hommes d’affaires, ce n’est pas un mystère, et surtout les grands patrons qui espèrent remporter de gros contrats avec les très dynamiques entreprises israéliennes, plutôt habituées à commercer avec les Etat Unis. Tous reconnaissent le poids économique du pays de la Bible, bien que peuplé que de huit millions d’habitants. Emmanuel Macron était lui aussi venu, il y a quelques mois, pour se rendre compte de l’extraordinaire potentiel de ce petit pays, qui donnerait des leçons à bien d’autres, en matière de taux de croissance et de PIB . Comme l’on dit : « Business is business » et l’on ne veut pas mélanger la politique aux affaires. Gageons que les français feront tout pour que leur initiative réussisse, pour faire encore plus d’affaires avec ce petit pays qui, décidemment, réserve bien des surprises.

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