LE JOUR D' APRES …

  • Mordekhaï BENSOUSSAN
LE JOUR  D' APRES …

Un mois avant Yom Kippour, jour Redoutable et solennel de l’année juive, nous nous préparons déjà, spirituellement et moralement, afin de nous présenter devant notre Créateur, Juge Suprême, Qui passe en revue toutes Ses créatures pour leur demander des comptes sur l’année écoulée. Tel ce justiciable qui doit se préparer à passer devant ses juges, à la date dite de comparution, ainsi nous devons nous préparer à nous présenter le jour du jugement, Roch Hachana, puis le Yom Kippour, dix jours plus tard.

Cette journée du Kippour n’est pas simple à tous points de vue. Elle intervient après le jour du Jugement et il s’agit d’accorder le Pardon à tous ceux qui le demandent et qui assument leurs fautes, dans l’humilité et la sincérité. Il n’est pas dans le projet divin d’accabler les créatures, ou de les humilier, mais seulement de les ramener vers D. et de leur pardonner, selon l’Attribut de miséricorde et de compassion qui Le caractérisent. Cependant, D. ne peut accorder Son pardon à ceux et celles qui nient toute transgression, ou qui refusent d’assumer leur responsabilité. Contrairement à la justice humaine, plaider « non coupable » devant D. serait un suicide, car tout est dévoilé et clair devant Lui, et il ne sert à rien de nier l’évidence et de la cacher. Ceci est bien clair.

Aussi, le poids de cette journée de Kippour repose précisément sur cette attitude responsable des fidèles, sur leur humilité devant D. et sur les efforts qu’ils doivent fournir pour assumer leurs fautes et demander le pardon divin. Seules ces conditions de contrition peuvent leur assurer la magnanimité de D. C’est tout à fait à la fin de la Néïla, dernière prière de Kippour, que nous déclarons ce verset tiré de Néhémie : « Va manger dans la joie ton pain, et boire ton vin de bon cœur, car D. a déjà agréé tes œuvres ! » Nous en sommes persuadés : après avoir passé la journée dans la prière, nous pouvons rentrer sereins et libérés de nos fautes, car D. a exaucé nos prières. Voilà pourquoi il est impératif de passer la journée de Kippour à la synagogue, et participer aux prières, plutôt que d’y faire un petit tour en fin de journée, pour s’acquitter de « son devoir ».

Aussi, quelle satisfaction ressentons-nous de voir la foule des fidèles se rassembler dans le lieu de prières et communier sincèrement pour prier D. C’est à ce moment-là que l’âme juive retrouve son éclat, telle une braise trop longtemps enfouie dans la cendre et qui n’attend que le moment où l’on soufflera énergiquement pour la raviver.

Le lendemain est alors un jour faste, lorsque malgré l’épuisement, nous savons que D. a agréé nos prières et nous accordera la réalisation de tous nos souhaits. Quelle quiétude en pensant que tous nos efforts ont été récompensés et qu’à présent, nous pouvons sereinement reprendre le cours de nos activités. Cette tranquillité là n’a pas de prix ; elle est proportionnelle à la somme des efforts accomplis et à l’implication spirituelle consentie.

D. ne reste pas insensible à cela et, à coup sûr, Il consent à nous laver de toutes nos fautes et à nous assurer un avenir radieux.

Amen.

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