UNE HISTOIRE NAPOLEONIENNE

  • Mordekhaï BENSOUSSAN
UNE HISTOIRE NAPOLEONIENNE

L’Histoire raconte que lors du siège de Saint Jean d’Acre – Akko actuel – en 1799, le général Bonaparte qui assiégeait la ville, décida de visiter les alentours avec ses officiers. Il s’approcha d’une petite bourgade et entendit des lamentations et des élégies chantées par un petit groupe de personnes. Il s’approcha et vit une maison basse d’où venaient les chants élégiaques. Il descendit de cheval, imité par ses généraux, et entra dans ce qui semblait être un lieu de prières pour les juifs. Il fut surpris par le spectacle qu’il y vit : tous assis par terre, et un chantre dirigeait les prières. Il s’approcha encore, et le Rabbin, voyant un général entouré de son staff arriver, s’arrêta et salua respectueusement. Bonaparte lui demanda ce qu’ils faisaient là à se lamenter, et le Rabbin expliqua le sens du jeûne du 9 Av. Bonaparte intrigué, demanda quand donc ce Temple a-t-il été détruit, puisqu’il n’avait rien entendu sur une bataille qui se serait déroulée à Jérusalem. Quand le Rabbin lui répondit que la destruction eut lieu dix sept siècles auparavant, il fut stupéfait et il se tourna alors vers ses officiers.

« Messieurs, leur dit-il, regardez ce peuple juif qui se lamente toujours sur la destruction de son Temple. Un peuple qui est capable encore de pleurer sur sa gloire passée après mille sept cents ans, c’est qu’il a un avenir assuré ! ».

On a beaucoup épilogué sur les projets que le futur empereur avait nourri pour les juifs, et même sur sa  conviction que la Palestine devait appartenir à Israël, mais cette histoire vraie y est sans doute pour quelque chose.

Nous n’avions pas besoin de Napoléon Bonaparte pour savoir que dans notre passé illustre, plongent les racines de notre présent et de notre futur. A l’instar de l’homme, le peuple qui n’assume pas son passé et son histoire, ne peut rien bâtir pour son avenir. Toute la force d’Israël réside dans sa mémoire et dans sa relation ontologique avec son histoire, qu’elle soit heureuse ou dramatique : c’est la sienne. De la shoah nous gardons les blessures béantes qui ne guériront jamais ; c’est la catastrophe la plus récente que nous avons subie et elle est entretenue dans toutes les mémoires. Pourtant, il y eut d’autres shoah pour le peuple juif, tout au long des siècles, et la destruction de Jérusalem en entraîna une, particulièrement cruelle : il faut donc s’en souvenir respectueusement, même si elle est éloignée de nous par plus de 19 siècles. Le temps érode à peine nos sentiments, qui doivent toujours être vivaces pour Jérusalem.

Notre ville éternelle, que nos ennemis tentent de nous dérober une nouvelle fois, a besoin que nous lui témoignions notre amour et notre fidélité indéfectible.

Sachons l’aimer et la garder pour toujours !  

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