Les quatre espèces : belle leçon de solidarité

  • Mordekhaï BENSOUSSAN
Les quatre espèces : belle leçon de solidarité

 

La célébration des fêtes de Soukoth, qui débute ce soir 16 Octobre – 15 Tichri, est liée fondamentalement à la construction de la Soukah, pour y résider autant que faire se peut, et à la manipulation des quatre espèces végétales, attachées en bouquet pour la prière. Soukoth marque indéniablement un moment original de l’année qui débute, après l’austérité des Jours redoutables que sont Roch Hachana et Yom Kippour. Il s’agit de se réjouir réellement afin d’entamer cette nouvelle année dans l’allégresse, correspondant à l’époque de l’engrangement des récoltes, avant l’arrivée de l’hiver. Cependant, célébrer Soukoth seulement cinq jours après Yom Kippour, a sa signification. En effet, nous sommes encore auréolés de cette atmosphère d’élévation spirituelle qui a marqué le Jour du Pardon divin, où nous étions tels des anges qui ne mangent ni ne boivent. Forts de la conviction que nos prières ont été exaucées, nous nous engageons à présent dans cette fête de joie et d’unité, qu’est Soukoth. L’unité parce que tous les juifs, quel que soit leur degré spirituel, leur niveau de religiosité, se sont rassemblés à la synagogue, afin de s’unir dans la prière au Tout Puissant. C’est là que tous les clivages, toutes les différences disparaissent pour laisser la place à une Communauté une et entière devant D. Une telle expérience d’union est prolongée par le symbole fort des quatre espèces que nous tenons dans les mains, à Soukoth. Ces végétaux représentent les quatre catégories d’individus qui composent notre peuple, comme déjà enseigné dans la Hagadah de Pessah. Trois sont liées ensemble, le loulav – la branche de palmier – le hadass – les trois brins de myrthe – et les deux brins de saule, la arava. Ce sont les individus pratiquants mais ignorants, instruits mais non pratiquants et ignorants et non pratiquants que nous comptons dans nos communautés. L’etrog – le cédrat – réunit quant à lui, toutes les qualités, olfactives et gustatives, symbolisant le sage, érudit et pratiquant. Bien que tenu à part, dans la main gauche, il est réuni aux autres au moment de la prière et joint ainsi ses qualités pour combler les lacunes des autres. C’est ensemble que les quatre catégories servent D. et se joignent dans leurs prières qui Lui sont adressées, comme elles l’ont été dans la ferveur du jour de Kippour. Cette belle leçon de solidarité que nous donne la fête de Soukoth, doit être méditée et prolongée toute l’année, dans toutes les circonstances de la vie. La joie fait suite à la gravité et à l’austérité ; la solidarité doit l’emporter sur les considérations égoïstes et mesquines qui ne mènent qu’au repli sur soi et à l’enclavement. Après l’élan mystique qui nous a élevé durant Roch Hachana et Kippour, la joie simple et profonde, l’union et la concorde viennent prolonger ces moments exceptionnels, afin de nous rapproche encore plus de notre Créateur et de renforcer notre foi en Lui. Bonnes fêtes de Soukoth. Hag saméah.

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