Rêve et fiction

  • Mordekhaï BENSOUSSAN
Rêve et fiction

Voilà que de nouveau, la France se remet à rêver de paix pour le Proche Orient, comme le fait de façon cyclique. Voyant que la quinquennat va se terminer de façon catastrophique, Hollande essaie de tenter une sortie à l’extérieur, pour essayer de trouver quand même quelque chose à se mettre sous la dent, à l’heure du bilan. C’est un peu l’attitude d’Obama, qui conclue ses deux mandats de façon on ne peut plus lamentable. Les Etats Unis se sont totalement retirés du Moyen Orient, où ils ne se livrent plus qu’à des gesticulations stériles, qui ne convainquent personne. Et comme toujours, c’est vers Israël et les palestiniens que les regards se tournent, pour essayer de faire quelque chose…
La France veut donc, à nouveau, jouer un rôle décisif là-bas, maintenant que la place est vide. Mais elle commet toujours la même erreur, en favorisant les palestiniens et du coup, en se disqualifiant aux yeux d’Israël. Rien à faire : elle ne tire pas les leçons du passé, même le plus récent. C’est en l’espèce, ce que Netanyahou a du dire au nouveau ministre français des Affaires étrangères. Une expression de la Bible, du prophète Jérémie, illustre tout à fait la situation. A l’époque, il fustigeait le roi de Juda qui voulait s’allier à l’Egypte, contre la Babylonie. Il disait : « L’Egypte est telle un roseau pointu qui pénètre dans la main, quand on veut s’y appuyer ! ». Ainsi la France veut-elle agir.
Mahmoud Abbas tourne en rond, ne sachant toujours que faire avec l’avenir de son Etat virtuel. Le processus de paix est dans l’impasse et agonise, le Hamas refuse tout compromis, la rue palestinienne n’est plus avec lui, et les jours passent rapidement sans connaître de résultat tangible.
Que faire quand on arrive à l’âge de 80 ans avec un bilan aussi néfaste, que rien de positif ne se dessine à l’horizon ? Cette question tracasse beaucoup Abbas et chaque jour il se creuse en vain les méninges pour trouver la solution idéale.
Il est clair que le président palestinien souhaite laisser lui aussi, un certain héritage positif et éviter une guerre de succession. Pour ce faire il agit tous azimuts. Il sympathise avec la gauche israélienne, accuse le gouvernement Netanyahou d’intransigeance, et essaye de prouver à l’opinion internationale qu’il met tout en œuvre pour aboutir à la paix. Après avoir compris que la dernière vague terroriste était en déclin, et qu’une troisième Intifada n’a servi à rien et qu’elle n’aboutirait à rien, Abbas se dirige une fois de plus vers Paris pour tenter sa dernière chance, jouant son jeu préféré : aller pleurer dans le gilet des uns et des autres pour dire : Bouhouhou ! Israël m’a frappé !.... La France qui, depuis 1974, courtise les Palestiniens et lui déroule le tapis rouge.
La première étape serait une réunion au niveau ministériel dont ni la date ni l’ordre du jour n’ont encore été fixés. Selon Jean Marc Ayrault : « À l’heure actuelle, il en ressort, une attitude générale ouverte et positive à l’égard de l’initiative française ». Sauf que le principal intéressé, Israël, pense autrement et préfère des négociations directes et sans conditions préalables, et que les Etats-Unis demeurent très sceptiques, bien que l’administration Obama soit comme la France, déterminée à ne pas se satisfaire du statu quo. Paris comme Abbas sont conscients évidemment que les États-Unis doivent être pleinement associés à cette démarche, et que sans la bonne volonté de Washington on n’aboutira à rien.
Abbas sait que la question des implantations fait l’unanimité, et il joue là-dessus, dont Jérusalem-Est.
Après six mois « d'Intifada des couteaux », la situation est au point mort, beaucoup de morts aussi pour rien…
Personne ne fait allusion à la dernière vague terroriste ni à l’incitation à la haine orchestrée par l’Autorité palestinienne elle-même.
Finalement, nous revenons donc au point mort et, une fois encore, Mahmoud Abbas poursuit un double jeu irréaliste et cynique. Il rêve de finir avec quelque chose de tangible pour son peuple, qui ne croit plus du tout en lui, à juste titre. Où l’a-t-il mené ?
Finalement, tout le monde rêve d’un lendemain meilleur, mais le seul à avoir les cartes en mains : c’est bien Israël.

Michaël 27/06/2016 18:28

Analyse lucide et courageuse telle qu'on aiemerait en lire dans la presse française. Hélas...

Jacques CUKIER 16/05/2016 20:40

S'il vous plait: ENCORE !
Et merci.
J'adore...

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